Porter
- Brigitte Bizeul
- 28 avr.
- 2 min de lecture
Dernière mise à jour : 30 avr.
Il y a des matins où on se réveille déjà en train de gérer.
Pas parce qu'on a mal organisé sa vie. Pas parce qu'on manque de compétences ou de bonne volonté. Mais parce qu'on est seule à tenir un édifice que plusieurs personnes devraient soutenir ensemble.
Je suis maman solo de deux enfants neuroatypiques. Je navigue entre les demandes impulsives, les systèmes de soin en liste d'attente, les désaccords sur ce que nos enfants vivent vraiment, et mon propre cerveau TDAH qui tente de créer de la structure là où tout résiste à la structure.
Ce matin j'ai compris quelque chose.
Je fais le deuil d'un soutien que j'ai longtemps espéré. Pas par amertume — mais par lucidité. Certaines personnes ne peuvent pas donner ce à quoi elles n'ont pas accès en elles-mêmes. Ce n'est pas un jugement. C'est juste ce qui est.
Et je reconnais aussi ceci : mes enfants se "lâchent" davantage avec moi. Ils décompensent dans mes bras. Parce que je suis leur refuge. C'est une forme de confiance absolue — et ça m'épuise profondément.
Le système de soin est défaillant. Les listes d'attente sont longues. Les autres adultes concernés font ce qu'ils peuvent avec ce qu'ils ont.
Et moi je porte.
Pas parce que je suis une super-héroïne. Pas parce que j'ai choisi d'être martyre. Mais parce que si ce n'est pas moi, ce n'est personne. Et que mes enfants méritent mieux que personne.
Ce que j'apprends, lentement, c'est à porter sans me perdre. À nommer l'injustice sans m'y noyer. À chercher du soutien là où il existe vraiment — pas là où j'espère qu'il devrait exister.
C'est mon chemin. Parfois encore j'espère que ce sera différent.
Et puis je continue.
Si ce texte vous a rejoint dans quelque chose que vous portez, je suis là.


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